
Il ne se passe plus une semaine au Cameroun sans qu’on évoque un féminicide. C’est par ce cri d’alarme que le Pr. Marie-Thérèse ABENA ONDOA, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille(MINPROFF), a qualifié la situation de *macabre*. Ce qui était hier présenté comme un simple fait divers, un « crime passionnel », est aujourd’hui nommé pour ce qu’il est : le féminicide. C’est-à -dire le meurtre d’une femme parce qu’elle est femme, le plus souvent commis par son partenaire ou ex-partenaire, au terme d’un long cycle de violences, de menaces et d’intimidation.
Les chiffres du MINPROFF donnent le vertige et confirment l’urgence nationale. Devant l’Assemblée nationale le 19 juin 2026, la Ministre a révélé que, 50 cas de féminicides ont été officiellement enregistrés entre janvier et avril 2026, sur l’ensemble du territoire, accompagnés de 166 viols et de 1 599 cas de violences basées sur le genre. Une courbe qui ne cesse de grimper : 56 féminicides en 2023, 67 en 2024, environ 77 en 2025.
Et pourtant, comme elle le martèle elle-même : « Ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg », à cause du taux dangereusement bas de signalement, dû à la peur des représailles sociales, des pressions familiales et de la stigmatisation systémique. Alors, pourquoi meurt-on d’amour au Cameroun? Pourquoi l’amour, censé protéger, devient-il l’espace le plus dangereux pour les femmes camerounaises, dont 44% déclarent déjà avoir subi des violences de la part d’un partenaire?
Face à l’impératif d’agir sans délai, le gouvernement annonce un avant-projet de loi spécifique et un comité d’action dédié sur instruction de la Première Dame. Mais au-delà de la loi, il y a la culture, l’éducation et le récit. * »Il faut briser le silence et encourager les victimes à dénoncer afin d’éviter le pire »*, insiste la MINPROFF. Presentation de Nina Prisca MEKAM, sur Radio Intégration.