
La forêt peut-elle être plus clémente que le village ? Ce conte, transmis par la voix de Marie-Noëlle Etoungou, nous plonge dans l’ironie la plus cruelle. Mengue, mère épuisée par les pleurs de son nourrisson, obtient l’aide d’un grand oiseau qui berce son enfant, scellant un pacte avec cette prophétie glaçante : « Le malheur de cet enfant ne viendra pas de la forêt, mais du village ». Sauvée du chaos des cris, Mengue peut enfin cultiver son champ en paix. Mais lorsque la famine frappe, la nécessité fait taire la reconnaissance. Le mari chasseur bande son arc pour abattre l’oiseau sauveur, ignorant que la flèche du père, en se tendant, déviera sa course pour transpercer le cœur même de son fils. Une parabole saisissante sur le destin, la survie et l’effroyable tragédie des choix désespérés, où le plus grand danger se cache souvent là où l’on croit être le plus en sécurité : à l’intérieur de son propre foyer.