Trafic de drogue: l’Afrique centrale et de l’ouest sous l’épée des cartels

Selon la commission des droits de l’Homme du Cameroun, la région a cessé d’être une voie de transit pour devenir une véritable tanière de consommateurs locaux.

Chaque année, la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogue rappelle l’importance de lutter contre les stupéfiants. À l’occasion de la 37? édition célébrée ce 26 juin 2024, sous le thème «les preuves sont claires: investissez dans la prévention» la Commission des droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) tire la sonnette d’alarme.
Dans sa déclaration de circonstance, la CDHC rapporte que le phénomène du trafic et de la consommation de drogues douces et dures est préoccupant en Afrique centrale. «Au cours des dix dernières années, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest qui servaient de voie de transit pour des drogues illégales en provenance d’Amérique du Sud, sont devenues des marchés de stupéfiants en plein essor avec une hausse troublante du nombre de consommateurs locaux» indique l’institution que dirige James Mouangue Kobila.

L’ampleur
En effet, les récentes saisies et les conséquences tragiques sur les pays de la zone renseignent sur l’ampleur du phénomène et l’urgence d’une réponse rapide et coordonnée. Selon un récent rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les saisies de cocaïne dans les pays du golfe de Guinée et du Sahel ont explosé, passant de 13 kg par an en 2015-2020 à 1466 kg en 2022.
Au Cameroun par exemple, le 30 mai 2024, la douane camerounaise a saisi une cargaison de 24,5 kg de cocaïne estimée à près d’un milliard trois cent millions (1 300 000 000) FCFA. Il s’agit d’une cargaison en provenance de la ville de Sao Paulo au Brésil et dissimulée dans des sacs à main et dans des chaussures.
Le 16 avril de la même année, une opération baptisée «coups de poings» menée par la brigade de gendarmerie de Kondengui, a permis la saisie de 339 petits filons, 07 gros paquets d’une quantité d’environ 7,425 kg de chanvre indien au quartier Mvog Atangana Mballa dans le 4? arrondissement de la ville de Yaoundé.

Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad
Ce rapport de l’ONUDC, explique que l’objectif des trafiquants est de créer un vaste marché africain à travers une production locale de stupéfiants. La découverte au Niger de laboratoires de production de «crack» (une cocaïne dite du pauvre) relève de cette ambition. Ces pays servent aussi de transit pour la résine de cannabis venue d’Afrique du Nord, et de l’héroïne d’Asie.
D’après l’Onu, le taux de prévalence de la consommation de drogue en Afrique de l’Ouest et du Centre est supérieur à 10% aux moyennes mondiales. Les traitements contre la toxicomanie restent encore rares sur le continent.

Joseph Ndzie Effa (stagiaire)

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