Activité de change dans la zone Cemac: ce qui fait problème
Entreprises du Commerce extérieur, bureaux de change, assurances, établissements de crédit et de microfinance, experts financiers et économiques de la sous-région se sont réunis le 5 février dernier à Douala. A l’invitation du ministère camerounais des Finances (Minfi), ils sont venus débattre du renforcement de la conformité des opérateurs économiques à la réglementation en vigueur dans la zone Cemac, en vue de préserver les réserves de change de la sous-région et d’assurer une stabilité monétaire durable. A en croire une note d’information publiée le 12 février 2025 par le Minfi, «le respect de cette réglementation des changes est confronté à de multiples obstacles. Parmi les problématiques présentées, il y a l’approvisionnement des bureaux de change en devises auprès des établissements de crédit». «Ici, poursuit le document du Minfi, les problèmes identifiés se situent au niveau des réglementations strictes et des quotas d’approvisionnement. Les établissements de crédit sont soumis à des réglementations restrictives en matière de quotas de devises qu’ils sont autorisés à vendre aux bureaux de change. Ces limitations peuvent entraîner une insuffisance de liquidités en devises disponibles pour les bureaux de change». Autres problèmes identifiés: le taux de commission élevé, les différences entre les besoins des bureaux de change et les disponibilités des établissements de crédit. «Les besoins des bureaux de change en devises ne correspondent pas toujours aux montants que les établissements de crédit sont prêts à fournir. Les devises disponibles sur le marché peuvent ne pas répondre aux demandes spécifiques des bureaux de change, surtout dans le cas de devises rares ou peu demandées. Les banques à cet égard ne donnent généralement que les Euros», explique la note du Minfi. Last but not the least, il y a également «le manque de transparence et de flexibilité, les ruptures d’approvisionnement et les délais de livraison, le non affichage du numéro d’agrément des bureaux de change. Bon à savoir: la rencontre de Douala répondait à l’une des recommandations formulées lors de la dernière conférence des chefs d’Etat de la Cemac à Yaoundé. Ils avaient alors réaffirmé la nécessité impérieuse de renforcer les mesures de reconstitution et de préservation des réserves de change. Parmi ces mesures, figurent l’application stricte de la réglementation des changes, le rapatriement effectif des recettes d’exportation et une gestion optimisée des flux financiers. Bobo Ousmanou
