Des mains qui créent, des voix qui s’élèvent : L’ARREF et le CMPJ s’unissent contre les VBG à Yaoundé
Yaoundé Cameroun, 6 mars 2026. Des femmes et jeunes filles d’ici et d’ailleurs en Afrique Centrale, se sont rassemblées au quartier Obili, pour une journée de dialogue et d’action contre les violences basées sur le genre(VBG), en prélude à la commémoration de la 41e édition de la Journée Internationale de la Femme (JIF 2026). Les acteurs principaux de cette initiative sont : l’Association pour la Recherche et l’Éducation sur les Femmes (ARREF), et le Centre Multisectoriel de Promotion des Jeunes (CMPJ) Départemental du Mfoundi, en collaboration avec les Associations « Women Empowerment in Africa », et l’AHBEMC.« Les femmes et les filles ont des droits. Et nous faisons face de plus en plus, à des cas de féminicides. Ce qui est de plus en plus choquant. Madame la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille( MINPROFF), Marie Thérèse ABENA ONDOA epse OBAMA, est sortie également au créneau afin de dénoncer ces crimes. Et au niveau du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Physique, le Ministre a aussi fait appel pour davantage de sensibilisation tant des femmes que d’hommes. Nous allons continuer d’intensifier avec la sensibilisation, afin de permettre à la femme d’être autonome, car le fait pour la femme de ne pas travailler, la rend davantage vulnérable et à la merci de l’homme dominant », A déclaré Madame AYOB née BABITH Brigitte, Chef CMPJ Départemental du Mfoundi, à l’issue de cette journée. En effet, environs 39% des femmes camerounaises ont subi une forme de VBG au cours de leur vie. En 2024, 69 cas de féminicide, ont été recensés, selon les données officielles du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille(MINPROFF).Le phénomène des feminicides n’est pas une anecdotique : au Cameroun, des regroupements civils et médias ont recensé des dizaines de femmes tuées par leur partenaire ou un proche au cours des dernières années.« La 41e édition de la journée internationale de la femme, se célèbre au sein de l’ARREF, par cette table ronde, et des ateliers de formation sur les activités génératrices de revenus, en occurrence la fabrication du lave main et du lave-vaisselle. Au terme de cette journée, les participantes ont retenu les origines des violences basées sur le genre (VBG), les obstacles à la paix entre les deux genres, et le cadre juridique. Nous allons formuler des recommandations adressées à l’État visant alléger l’autonomisation des femmes. », explique la Présidente de l’ARREF, Dr FIOKO Marthe. À l’échelle mondiale, près de 1 femme sur 3 a déjà subi une violence physique ou sexuelle au cours de sa vie, et environ 51 100 femmes et filles ont été tuées en 2023 par leur partenaire ou un membre de leur famille selon les données des Nations Unies.(UNFPA Cameroon). Les actions menées par l’ARREF en disent plus.« J’ai découvert ARREF grace aux activités organisées par l’Association des mères célibataires, car ayant bénéficié des dons qu’elle distribue aux réfugiés et femmes mères…etc. Je suis très contente pour la formation d’aujourd’hui, qui va me permettre d’être autonome et désormais en connaissant mes droits, je saurai comment réagir juridiquement face aux abus et violences. Je suis victime de ces abus dans mon travail de ménagère, et je pourrais aussi être autonome à mon propre compte. », Témoigne NELE ALIAH Odéline, jeune femme célibataire de Nationalité Centrafricaine, refugiée et résidente au Cameroun. De plus, des enquêtes sociologiques montrent que près de la moitié des Camerounais considèrent la violence contre les femmes et les filles comme fréquente dans leurs communautés, et qu’une part importante d’entre eux justifient parfois l’usage de la force contre son/sa partenaire. Ce contexte souligne la nécessité d’un dialogue public, d’un accès à l’information juridique et d’actions socio-économiques concrètes pour protéger les droits des femmes et des filles. Cette 41e édition de la journée internationale des droits des femmes, placée sous le thème : Pour toutes les femmes, Droits, Justice et Action représente une occasion idéale pour échanger au cours de ce fléau et proposer des solutions concrètes visant à réduire les cas de violences faites aux femmes. Ces chiffres, présentés lors de la table ronde, soulignent l’urgence d’agir. Les lois existent, mais l’accès à la justice reste un défi.Dans un atelier pratique, des femmes ont appris à fabriquer des lave-mains et du détergent pour vaisselle.« Ces formations et tables rondes m’ont davantage équipées. Et désormais je serai autonome en mettant en pratique tout ce que j’ai appris », réagi une autre participante à ces ateliers de formation, Mme ASTADIKO Halima, avec un air rempli de satisfaction et reconnaissance. Les participantes ont demandé plus de protection, de justice et d’action aux autorités. Un rapport contenant ces recommandations sera adressé aux autorités et partenaires.Obili, carrefour de l’espoir. Ensemble, pour un avenir sans violence, au cœur de l’Afrique Centrale.








