Oui ou non, Marie est-elle montée au ciel avec son corps selon le dogme de l’assomption proclamé le 1er novembre 1950 par le pape Pie XII? Je ne vois pas l’utilité de savoir comment la mère de Jésus est entrée dans la gloire de Dieu. Il pourrait en revanche être intéressant de découvrir ce qu’elle a fait, les actes posés par elle, pour être assumée par Dieu (le verbe latin “assumere” signifie “prendre avec soi”) après sa vie terrestre.

Qu’a donc fait Marie, comment s’est-elle comportée, pour que tous les âges la disent bienheureuse? Ce qui me frappe chez elle, ce sont 5 faits que tout disciple de son fils devrait s’efforcer d’imiter car le tout n’est pas de réciter le chapelet ou le rosaire, d’avoir une statue de Marie chez soi ou de porter des pagnes à son effigie.
1) Marie a fait passer le projet de Dieu (être la mère du sauveur) avant ses propres projets;
2) elle est entrée dans ce projet sans comprendre où un tel projet la conduirait. Sa disponibilité est résumée par sa réponse à l’ange qui portait le message de Dieu:“Que ta volonté soit faite”(Fiat voluntas tua). Abraham, Moïse, Samuel et d’autres avaient réagi de la même manière avant elle en prononçant simplement la phrase suivante :”Me voici, Seigneur! Je viens faire ta volonté.”
3) elle est restée humble en dépit de la célébrité et de l’importance que pouvait lui conférer le fait d’avoir été choisie pour porter le sauveur de l’humanité. Bien que Dieu lui ait confié une mission aussi importante, Marie n’a pas attrapé la grosse tête;
4) elle a été une femme serviable. En effet, quand elle se rend chez sa cousine, c’est pour donner un coup de main pour les petits travaux comme faire la cuisine, nettoyer la maison, laver les habits, etc.
5) elle s’est montrée solidaire de son peuple qui était dominé par les Romains; elle était naturellement contre cette domination puisque, dans son magnificat, elle affirme que le Seigneur “renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles”. Le dictateur Augusto Pinochet, qui succéda au socialiste Salvador Allende, était tellement dérangé par ce passage du magnificat qu’il en avait interdit la récitation au Chili.
Un chrétien qui reconnaît l’importance de Marie ne peut se résigner ni à l’injustice ni à l’oppression. Certes, il n’est pas nécessaire de prendre les armes pour renverser les puissants qui écrasent, exploitent et affament le petit peuple, mais, si Marie compte pour nous, nous devrions refuser ou condamner tout ce qui bafoue la dignité humaine, nous dresser contre la dictature parce qu’elle n’a rien à voir avec le plan de Dieu selon lequel tous les hommes et tous les peuples méritent de vivre libres et d’être traités avec justice et respect.
Jean-Claude Djéréké