Pour la plupart victimes de discrimination et de violence cette partie du Cameroun, elles sont désormais soucieuses de leur devenir.

La Journée internationale de la femme rassemblera les femmes autour de la question du droit, de l’égalité et de leur autonomisation. Tout se met progressivement en place pour marquer positivement ce grand évènement. La condition des femmes sera au centre des différents échanges.
Il faut admettre que l’égalité des sexes est un droit fondamental et une condition indispensable au développement et à la réduction de la pauvreté en Afrique subsaharienne. « L’éducation est une condition fondamentale pour leur éducation. C’est le lieu de le dire maintenant. Nos petites sœurs doivent savoir à quoi s’en tenir. C’est ce que nous nous attelons à les expliquer toutes les fois que nous en avons l’occasion. Aujourd’hui encore, il y’en a, celles qui ne vont toujours pas à l’école parce que l’indigence de leurs parents fait qu’elles sont désavantagées au détriment de leurs frères. Nos cadettes doivent savoir qu’elles ont droit à l’éducation et à d’autres ressources au même titre que leurs frères », soutient Natascha, enseignante de droit à l’université de Maroua.
Lorsqu’une situation de grossesse précoce survient ?
Une grossesse survenue en pleine année académique entraine inéluctablement la fin des études de la jeune fille. Pour préserver l’honneur de la famille, ses parents préfèrent, contre son gré, de l’éloigner des autres. Elle ne va plus à l’école, elle n’a plus le droit de vaquer sereinement à ses activités habituelles. Elle devra se recroqueviller sur elle-même, cloitrée dans un taudis, attendant que le sort de cette grossesse se décide rapidement. « J’ai vécu ça après la grossesse que j’ai contractée en classe de 3ème à la suite d’un viol par un élève de la classe de Terminale. C’était un camarade d’établissement, dit Fatoumata, logisticienne dans une agence de transport interurbain dans la ville de Maroua. J’étais subitement devenu indésirable. J’ai dû quitter le domicile familial pour aller vivre au village près de ma grand-mère. Je n’ai plus jamais pu reprendre mes études ».
De la responsabilité des pouvoirs publics
Historiquement, les élèves enceintes étaient exclues de l’école, mais en avril 2022, une nouvelle réglementation leur a permis de rester scolarisées jusqu’à la 26ème semaine de grossesse et de reprendre leurs études après la naissance du bébé. Cependant, dans certains villages reculés du Septentrion, les grossesses précoces persistent du fait du manque d’accès des jeunes filles à l’éducation et aux informations sur la santé sexuelle.
Tom