Eric Ngueguim, le président de cette formation politique, entend mobiliser ses compétences techniques et son expertise internationale pour proposer des idées novatrices et adaptées aux problématiques environnementales du Cameroun.

Quel est donc le rôle aujourd’hui des partis s’ils n’articulent plus des projets distincts entre lesquels les électeurs peuvent choisir? A cette question, le Parti Ecologique du Cameroun (PEC) affirme avoir répondu en proposant «une nouvelle architecture» dans le débat politique au Cameroun. «Il ne s’agit pas de prétendre tout réinventer comme si les questions écologiques n’avaient pas été abondamment discutées depuis longtemps. Il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi», explique Eric Ngueguim, le président du PEC. S’exprimant lors de la première Convention du PEC ouverte ce 28 septembre 2024 à Yaoundé, l’homme politique et non moins président du Syndicat national de énergies renouvelables du Cameroun explique que sa formation politique «se positionne comme le premier véritable parti écologique du pays». «Elle s’engage à placer l’environnement au cœur de son programme politique», ajoute-t-il. Pour cela, Eric Ngueguim dit mobiliser ses compétences techniques et son expertise internationale pour proposer des solutions novatrices et adaptées aux problématiques environnementales du Cameroun, dans l’optique de voir les députés écologistes siéger pour la première fois au Parlement.
Tout en étant convaincu que son engagement en faveur de l’environnement et du climat reflète également la volonté croissante de la population camerounaise de préserver la nature et de construire un avenir durable, Eric Ngueguim annonce la participation du PEC à toutes les échéances électorales prévues au Cameroun en 2025. «Exister, c’est avant tout être présent électoralement. Cela suppose de composer avec son identité militante, d’organiser la conciliation des pratiques militantes avec une meilleure efficacité politique. Le chemin est parsemé de difficultés, c’est vrai, mais nous pensons qu’il témoigne de notre capacité à adapter notre offre programmatique avec les contraintes des lois électorales. Il s’agit, pour nous, de faire émerger une volonté de créer une majorité culturelle autour de l’écologie politique et de parvenir à constituer un modèle de délibération constructive autour des questions environnementales», déclare-t-il face à la presse.
La suite se décline en un panorama plus global. «L’ambition majeure du PEC est de répondre aux enjeux de notre société contemporaine, de plus en plus menacée par l’émergence des risques globaux, environnementaux bien sûr, ainsi que sociaux et économiques, générés par ces transformations rapides et profondes de nos sociétés. De nos jours, la situation est suffisamment sérieuse, pour que le discours écologiste mobilise l’idée de la crise planétaire, menaçant la capacité de nombreuses espèces animales et végétales, mais aussi de l’espèce humaine, de pouvoir assurer leur propre survie», postule Eric Ngueguim. D’où un regard sur l’actualité sur l’actualité climatique dans le département du Logone-et-Chari (région de l’Extrême-Nord du Cameroun). D’après lui, «les inondations constatées dans cette partie du pays révèlent un décalage fondamental entre la manière dont nous imaginons le long terme et la réalité matérielle des phénomènes écologiques (dérèglement climatique, pénuries énergétiques, épuisement des ressources, extinction de la biodiversité, empoisonnement de l’environnement, explosion des inégalités sociales, développement de la surveillance généralisée, guerre pour les ressources. Autrement dit, cela révèle le décalage entre, d’une part, notre capacité à créer les conditions pour que le long terme ne puisse jamais advenir et, d’autre part, notre ingéniosité pour sans cesse repousser la prise en compte du délai qu’il nous reste».
Jean-René Meva’a Amougou
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