Marché Mokolo : sur le bateau, à la pêche des cartables

À quelques jours de la rentrée des classes, les parents se ruent dans ce grand espace marchand de la capitale politique du Cameroun pour se procurer des fournitures scolaires.

Une vue du secteur «pêche» au marché Mokolo

La rentrée scolaire approche à grands pas. À quelques jours du 9 septembre 2024, les marchés de la ville de Yaoundé sont en émulation. Au lieu-dit « Bateau » ou encore «Pêche) au marché Mokolo (arrondissement Yaoundé 2), en cette journée du mois d’aout 2024, difficile de se frayer un chemin. Rien de plus normal. L’endroit est réputé pour être le lieu par excellence pour l’achat des cartables.

Ceux-ci occupent la totalité des étals et des comptoirs de l’espace marchand. Sur les lieux, Samuel, l’un des semi-grossistes, se satisfait de réaliser des meilleures ventes. Sur son comptoir situé à proximité de la mosquée, est inscrit un slogan: «Tout prix a un sac». Objectif, appâter tous les passants, question de les ramener dans son escarcelle.

Dans son échoppe, les parents d’élèves peuvent trouver des cartables pour toutes les tranches d’âge. Ceux des tout-petits mis en avant, communément appelés « sacs gamelles ». L’appellation, explique le vendeur, fait référence à un compartiment où l’on peut ranger le gouter des enfants. Lesdits sacs se vendent comme des petits pains. «Ce sont les sacs de classe les plus en vue. Tous les parents et les revendeurs s’en approprient sans cesse. De plus, ils ne coûtent pas cher». Avec 3000 FCFA, on peut l’obtenir, précise le commerçant.

Au regard de l’affluence, le commerçant se fait aider par sa compagne. «Quand il y a beaucoup de clients, je suis obligée de venir lui prêter main forte», explique-t-elle. C’est d’ailleurs elle qui tient la caisse. «Je ne peux pas tout faire seul. C’est la raison pour laquelle elle joue le rôle de la caissière pendant les périodes de forte affluence», explique Samuel. Outre les « sacs gamelles », il y a également les sacs moyens, pour les élèves dont l’âge varie entre 6 et 12 ans. Leurs prix varient entre 3000 à 6000 FCFA.

En contrebas du hangar de Samuel, Louise, mère de 3 enfants du cycle primaire, découvre les cartables. En compagnie de Suzanne, la femme ne cache pas sa surprise d’entendre quant aux prix desdits articles vendus à partir de «1 000 FCFA! 1 000 FCFA!». Sa surprise est encore plus grande lorsqu’elle voit les prix des sacs qu’elle souhaite acheter à sa progéniture. «Les sacs qu’on vend à Essos à 15 000 FCFA, je les vois ici à 4 000 FCFA. Donc avec 10 000, je partirai d’ici avec au moins quatre sacs», dit-elle toute joyeuse. La femme envisage par ailleurs d’acheter un grand nombre de cartables pour les revendre dans son quartier Nkolmesseng (Yaoundé 5).

Les revendeurs
Sur le même site, Édith, une habituée du marché de Mvog-Mbi (Yaoundé 4) surprend Patrick, un vendeur de sacs en plein déballage. S’enchaîne une querelle. «Patrick, tu achètes des sacs ici à 500 FCFA et tu viens nous les revendre à 5 000 FCFA. Quel genre de personne es-tu pour ne pas tenir compte de la vie chère?», lance Édith. «Ici, nous sommes au marché, madame, je ne vous connais pas», rétorque l’intéressé. Pour calmer tout le monde, Ibrahim tient un discours apaisant. «Tout le monde sera satisfait ici. On ne vient pas à la pêche pour rentrer les mains vides». Sauf que cela ne ralentit pas les ardeurs de la femme. Elle promet de faire large diffusion pour stopper l’arnaque.

André Gromyko Balla

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