Le jeune centrafricain passe la majeure partie de sa vie à perfectionner son art, en offrant une expertise transmise de génération en génération.
Ismaël, 22 ans, très connu au marché Mvog-Ada, est passé maître dans l’art de nettoyer le poulet. Sa façon de faire ne laisse personne indifférent. Seau d’eau et balai en main toutes les quinze minutes, son bureau, du moins sa surface de travail brille par sa propreté. Sa gentillesse et sa façon de travailler semblent avoir conquis tous les clients. Petit et grand, tout le monde est accueilli.
Ses clients
À l’affût d’un acheteur de poulet, Ismaël vous propose gentiment ses services: «Mme vous voulez nettoyer?». Si la réponse est positive, il vous rassure et vous met en confiance: «avec moi votre poulet ne sera pas échangé ni volé». Cependant, à cause de sa notoriété, la plupart des clients le trouvent sur place. C’est le cas de ces dames qui font très souvent les courses pour les réunions ou qui reçoivent des invités à l’occasion de certaines manifestations.
Tendance
«Il arrive des jours où l’on me confie 100 voire 200 poulets à nettoyer. À ce moment-là, je suis obligé de recruter des employés dans la tâche. J’ai acheté une machine à nettoyer le poulet à 30.000 francs en affaires et c’est très utile à ces moments-là. Il suffit de les plonger préalablement dans de l’eau chaude. Si l’on me demande de vider, c’est encore bien mieux, car certaines femmes viennent au marché uniquement pour nettoyer les boyaux et vendre. Nettoyés, ils sont revendus à 100 FCFA par pièce déjà enroulée sous la forme de rouleau appelé « minsounga ». Or mis le fait que le soir quand je rentre à la maison, ma famille et moi ne manquons pas de quoi manger. Même les œufs qui se forment dans le ventre ne sont pas en reste, ils sont piqués dans une brochette qui est vendue à 100 FCFA la pièce, tout comme le gésier et le foie.»
Difficultés
Comme dans tout métier, il y a des inconvénients. Le premier c’est l’humidité. À force de nettoyer les poulets à longueur de journée, nos vêtements de travail et nos pieds sont toujours humides. Ce qui nous rend vulnérables aux maladies qui s’accompagnent avec. Ismaël nous confie: «pour un étranger comme moi, ce n’est pas facile de s’intégrer. Les grands frères qui sont grossistes du poulet sur le marché nous rançonnent afin de conserver la place, de plus les agents de la mairie nous font payer les tickets si nous sommes bien placés. La seule façon de les éviter est d’aller très loin des regards, dans les endroits cachés.»
Marie Noëlle Etoungou, stagiaire
Article bien lu.
Bonne information sur le sujet.
Et l’on reste à l’observation.
Merci pour votre encouragement, restez des nôtres.