Les blocs de terre qui entrent dans la catégorie de matériaux locaux sont de plus en plus appréciés par les investisseurs.

Longtemps ostracisés par les parpaings de sable, les blocs de terre opèrent une montée en force dans le monde de l’immobilier. Cette grande percée des blocs est en partie liée à la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré comme stipulé par la conférence des parties COP 15 de Paris. Voilà un argument évoqué par Mbarga, un des grands producteurs de briques en terre de la capitale politique camerounaise. «J’étais un simple fabricant de briques de terre, mais avec l’arrivée des donnes écologiques pour limiter l’augmentation de la température, j’ai décidé de m’investir dans les briques de terre», indique l’entrepreneur et ingénieur en génie civil, par ailleurs professeur des lycées d’enseignement technique.
Qualité
Pour Joseph, propriétaire d’un duplex du côté d’Ekoumdoum (Yaoundé 4), ces artefacts de construction sont bons marchés, «avec peu de moyens, j’ai pu me bâtir un duplex. J’ai acheté une machine de production des briques et on les faisait cuire. Le processus est exactement comme lors de la production du charbon. Aujourd’hui, je suis à l’aise» déclare-t-il. Bien plus, la durée de vie de sa demeure est plus longue que les maisons construites avec des parpaings. Comme l’explique Hervé Kenne, ingénieur en bâtiment.
Prix
C’est un matériau à la portée de tout le monde. Maman Beby, vendeuse de beignets-bouillie-haricots (bbh), vient de s’offrir une maison plain-pied à Abang sur la route de Mfou. «Quand j’évalue les dépenses effectuées en produisant les briques, je divise le coup par 4, comparativement à l’achat des parpaings», explique-t-elle.
Blanche, camerounaise vivant en Allemagne, s’est fait bâtir un immeuble en blocs de terre. Ces briques sont appelées par les techniciens en bâtiment «briques VIP», vu le coût et la qualité. Pour produire les blocs utilisés par cette camerounaise de la diaspora, il faut 40 jours de séchage. La terre est mélangée avec du ciment et pressé par une machine. Ensuite, les briques sont placées dans un hangar, à l’abri du soleil et des pluies. Pour Blanche, «avec ces briques, la maison est tempérée. Bien plus, il est très difficile pour les voleurs de casser la maison avec des murs en blocs». En voyant l’argent que brasse Jean Kamga, le producteur de ces blocs de terre, Blanche prend goût. Elle envisage même construire une usine de fabrication des blocs dans les jours avenirs.
André Gromyko Balla