Conservation des archives : le numérique fait son entrée dans les tiroirs

Durant les journées portes ouvertes, les archivistes diffusent les temps forts de l’histoire du Cameroun, numérisent les bandes magnétiques et sonores pour leur conservation.

La maison de la radio Cameroon Radio and Television (CRTV) à Yaoundé, abrite l’édition 2024 de la Journée internationale des archives. Mobilisés pour entretenir le public sur le sujet, les mastodontes du département de la conservation et des thèques radio donnent à voir leur artillerie. Des profanes venus assouvir leur curiosité en profitent pour toucher du doigt le magnétophone, les platines, les radiocassettes, les liasses de papier et autres. La présente édition fait la part belle au numérique. «À partir du thème:»Cyberarchives», le but est de valoriser les archives à travers le numérique et de les rendre pérennes», explique Firida, archiviste. «Nous offrons, à cet effet, l’opportunité au public de numériser leurs documents analogiques, des bandes magnétiques, sonores et autres supports physiques, parce que les lecteurs de ces supports sont en voie de disparition. Nous sommes conscients que le public et les administrations publiques et privées détiennent des documents analogiques, et tentent de récupérer leur contenu pour mieux s’informer et les conserver sur les nouveaux supports adaptés au numérique de leur choix, à savoir les clés USB, Cd pour éclairer la postérité», poursuit-elle.

Diffusion
Célébrée du 10 au 14 juin 2024, la semaine des archives est un fort moment de commémoration et de diffusion de l’histoire du Cameroun. Dans ce registre, se trouve la diffusion du sacre du premier évêque d’Afrique Noire, en la personne du Camerounais, Mgr Paul Etoga le 30 novembre 1955. Par le biais desdites archives, l’on revit également le match Cameroun-Zaïre en 1981, comptant pour les éliminatoires du mondial 1982 en Espagne au stade de la réunification de Douala. L’histoire de la radio au Cameroun est aussi présentée au grand public. Celui-ci redécouvre alors la première édition de l’émission dominicale « Dimanche midi », grand format de deux heures qui date de 1999.

Afrique centrale
En outre, il y a les archives qui présentent le Cameroun dans son déploiement en Afrique centrale. Se dévoilent alors les images de la visite entre les différents chefs d’État du Cameroun d’alors, Son Excellence Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, l’actuel président de la République en exercice et ses homologues de la sous-région. «Tout ceci permet aux chercheurs de différents bords de mieux comprendre l’histoire du Cameroun, la coopération qu’elle noue avec les autres pays frères, son positionnement au regard des liens historiques et culturels qui les lient», explique Firida archiviste. Selon Melissa Bilounga, archiviste audiovisuel stagiaire, la semaine des archives est intéressante parce qu’elle permet de découvrir et d’entendre des faits datant de « mathusalem ». «Tout se passe bien, on apprend encore plus, j’apprends à numériser les bandes, je découvre comment la lecture des bandes se faisait avant. Grâce à ces mécanismes, j’ai suivi le discours de passation de pouvoir entre le premier président de la République du Cameroun et l’actuel. J’apprends beaucoup sur les faits qui se sont produits avant ma naissance», raconte la jeune femme. Cependant, les acteurs de ce secteur estiment que le domaine des archives est sous-exploité au Cameroun. Pour mieux conserver les documents, toutes les administrations doivent se mettre à la pointe du numérique, les archives étant la transposition de la mémoire du pays, apprend-on. «Nous profitons de cette semaine dédiée aux archives pour donner plus de valeur à l’archivistique dans toutes les structures, pour plus de considération aux côtés des autres métiers de l’information et de la communication», conclut Firida. Olivier Mbessité

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