Entre bilan mitigé, autorité sapée et multiples tensions sur le continent, l’institution demeure fragile, vint ans après sa mise en place effective.

C’est confirmé. Le Cameroun abritera en septembre 2024 la prochaine session du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (CPS). L’annonce a été faite le 19 aout 2024 à Douala par Son Excellence Bankole Adeoye, commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de cette organisation panafricaine. C’est d’ailleurs en prélude à cet évènement que le Nigérian s’est rendu au Cameroun pour la première fois.
Vingt ans après sa création, l’organe décisionnel permanent de l’Union africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits présente encore des points de fragilité. À l’origine, les objectifs du CPS sont nobles: anticiper et prévenir les différends et conflits, exécuter des fonctions de consolidation de paix, décider de sanctions chaque fois qu’un changement de gouvernement non conforme à la constitution a lieu dans un État membre…
Autorité
Seulement, en établissant la cartographie des conflits, coup d’État et autres crises sécuritaires qu’a connu le continent Noir ces dernières années, se pose le problème de l’application de ces dispositions. Mais Cela n’a rien à voir avec l’inertie de ceux qui la dirigent. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine souffre de plusieurs maux. L’un d’eux est un défaut de ressources financières et humaines, même si, a indiqué S.E Bankole Adeoye dans les colonnes de Jeune Afrique du 6 mai 2024, «le financement des opérations de paix s’améliore en Afrique».
Et ce n’est pas tout. Il y a également que, l’autorité et la volonté de fer de cette institution sont régulièrement piétinées. Selon S.E Moussa Faki Mahamat, certaines entités tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Afrique s’amusent à ignorer et à violer les décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Le président de la Commission de l’Union africaine évoquait cette regrettable situation en février 2024, lors de l’ouverture du sommet l’Union africaine.
Optimisme
Plutôt que de capituler face à ce lot de difficulté, l’institution reste optimiste et fait de son mieux pour un meilleur avenir dans le continent Noir. C’est d’ailleurs grâce à son courage qu’elle a pu éviter l’escalade des tensions entre le Soudan et le Soudan du sud en 2012. Depuis cette victoire, le CPS continue de s’investir pour prévenir les conflits en Afrique. Et pour mener à bien cette noble mission, ses dirigeants vont régulièrement s’entretenir avec ceux du Conseil de Paix et de sécurité des Nations unies qui, lui aussi, n’a pas que des victoires. À la tête de cette mouvance depuis son élection en février 2021, S.E Bankole Adeoye n’est pas prêt à quitter son poste. En septembre prochain, le Nigérian envisage de postuler une fois de plus pour mener à bien la mission du CPS. Ce sera au Cameroun.
Joseph Julien Ondoua Owona