Comment je me suis reconstruite après un mariage calamiteux : le parcours héroïque d’une épouse en bisbilles avec sa belle – famille.

J’ai connu un homme. J’ai partagé ma vie pendant un certain temps avant notre mariage. Et une fois mariée, c’était le début du calvaire. N’ayant pas de ressource financière, nous nous installons dans la famille de l’homme. Et c’est à ce moment précis que les violences ont commencé.

Dans un premier temps, c’était verbal et psychologique. «Parce que tu as épousé notre fils, tu n’es rien en dehors de ce nom de madame là. Tu ne viens de nulle part. Tu ne t’identifies que parce que tu as été épousée par notre fils. Tout ce qu’on a pu t’inculquer avant ne signifie rien, tu dois te mouler, te fondre à nos mœurs, à notre façon d’être et notre façon de faire», paroles de belle famille. Plus simplement, je ne devrais plus considérer ma mère comme mère. A sa place, c’est ma belle-mère qui la remplace. Avant le mariage, on avait déjà un enfant; au moment du mariage, j’étais enceinte du second. Avec la naissance des enfants, ma belle-mère me dictait quoi faire et quoi ne pas faire. J’avais constaté qu’il n’y avait rien à discuter intimement avec mon conjoint. Si on avait pris une décision pour le bien de notre couple, une fois qu’il en avait parlé avec sa mère, elle lui changeait tout dans sa tête. Très vite, j’ai compris l’influence de sa mère. Ce n’était pas mon mari qui m’avait épousé, mais plutôt sa mère. Le chef de famille était sa mère et me rappelait très souvent qu’il n’y a pas deux commandants dans un bateau. Donc, je suis chez-elle, je me soumets aux règles édictées. Les beaux-frères n’étaient pas en reste. Pendant cette période, j’étais enceinte du deuxième enfant et particulièrement fragile. Mon instabilité psychologique a fortement affecté ma grossesse qui était déclarée «grossesse à risque». Il y a des moments, j’ai cru que cette grossesse n’allait pas arriver à son terme.


Cela ne se limitait pas seulement à l’aspect physique, parce que très fréquemment, je me sentais menacée, même spirituellement. A un moment j’étais à bout. Nous nous marions en décembre 2012. En novembre 2013, après deux tentatives préalables de discussion avec sa mère, rien. Je décide de partir, en disant à mon mari que je rentre chez mes parents, le temps qu’il trouve un cadre dans lequel notre famille peut vivre et s’épanouir. On a fait trois mois de ballotage, entre menace de divorce, si je ne réintégrais pas le foyer conjugal qui était la maison de ses parents. Après ce que j’avais déjà subi, je n’y suis pas allée. Finalement en juin 2016, il me rejoint dans le petit appartement que je louais, pour qu’on essaye d’arranger les choses. Mais je me rends compte que, contrairement à ce que je pensais, il a plus tenu à revenir dans la relation par défis, pour démontrer qu’il est capable de récupérer sa possession. On est soi-disant reparti sur les bases saines. C’est ce qui était dit, mais ce n’était pas le cas. C’est ce qui était dit, mais pas ressentit. Très vite ça a commencé à se manifester. Il avait mis des dispositifs d’espionnage pour moi à tous les niveaux. Le pire, c’est qu’à l’époque, il ne travaillait pas. Il avait un complexe d’infériorité et du coup la pression psychologique était très forte.


A un moment donné, il y a eu explosion. Un soir, on en est arrivés aux mains. Il m’étranglait en me disant qu’il va me tuer. Je me suis défendue du mieux que je pouvais. C’est cette bagarre de trop qui met fin à notre relation. Après cet incident, je n’ai vu aucun membre de ma belle-famille venir, et chercher à comprendre ce qui s’est passé. Un matin il est parti, et j’ai donc profité de cette occasion pour ramasser de petites affaires pour mes enfants et moi. Nous sommes allés nous refugier chez ma mère. C’est à partir de ce moment-là que j’ai décidé que le mariage n’aurait plus sa place.


Lorsque je suis partie, pour dire vrai, je n’ai pas pensé à interpeller les pouvoirs publics. Mon traumatisme était que je voulais juste oublier cette histoire. Je voulais laisser ça derrière moi et me dire j’avance. C’est de cette manière que j’ai géré la chose. Et puis en 2018, je me suis engagé à lancer la procédure de divorce et elle a pris deux à trois ans pour aboutir. J’ai eu la garde des enfants avec une pension alimentaire qu’il n’a jamais payée. J’ai été traumatisée par cette expérience. Aujourd’hui, je peux fonctionner avec un homme, mais pas de légalisation.


Propos recueillis par Diane Kenfack

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