Bassin du Lac Tchad: 5 milliards de FCFA pour le Prolac en 2025

Le Projet de relance et de développement de la région du Lac Tchad (Prolac) amorce un tournant décisif depuis le 17 janvier dernier, après les travaux de son comité de pilotage.

En effet, la quatrième session ordinaire du Comité national de pilotage dudit projet en a fixé les grandes orientations vendredi, à travers l’examen et la validation du plan de travail pour l’année 2025. «Les résolutions majeures adoptées portent sur la pérennisation des acquis du projet. Des suggestions ont également été faits allant dans le sens de la prolongation de ce projet et également son extension à certains départements qui ont la même configuration géographique que le département du Logone et Chari, notamment le Mayo Sava et le Mayo Danay. Cela a été porté à l’attention du coordonnateur et nous voulons croire que ceci est pris en compte», explique le gouverneur de l’Extrême-Nord Midjiyawa Bakari. Cinq milliards de FCFA. C’est le budget dont disposera le Prolac en 2025 pour jouer ses dernières partitions dans cette région en crise. «Sur les 29 milliards de FCFA qui avaient été octroyés, 24 milliards ont été consommés. Ce qui représente un taux de consommation de 96%», poursuit-il.


Mis sur pied en janvier 2021 dans le but de renforcer les moyens de subsistance des populations dans le Logone et Chari, le Prolac a atteint ses objectifs. C’est du moins ce que soutient le coordonnateur national, Abicho Mahamat. «On a contribué à augmenter la production agricole. On a contribué à augmenter l’espace cultivable parce qu’on a créé un espace hydro-agricole. On a commencé par des petits périmètres mais aujourd’hui on est en train de faire de grands périmètres. On a adressé tous les segments des chaines de valeur, la production, la transformation, la commercialisation. La production parce qu’on a appuyé les agriculteurs avec les engrais, les insecticides, les semences améliorées. La transformation parce qu’on a aujourd’hui des machines qui permettent de transformer les aliments. Pour la commercialisation, on a aujourd’hui des marchés, des boutiques et des magasins de stockage», énumère-t-il. Puis avec un haussement d’épaules pour traduire l’évidence du sujet qu’il aborde, il poursuit son propos sur l’impact du Prolac. «Les bénéficiaires directs et indirects sont à plus de 600 000 personnes. Le niveau de vie est amélioré. Ils ne sont plus aussi vulnérables pour qu’on puisse les appâter et les enrôler dans des groupes armés», déclare-t-il.


Depuis 2014, la région de l’Extrême-Nord connait des difficultés particulières liées à la rudesse du climat, à la pression démographique des déplacés et réfugiés, les exactions de la secte djihadiste Boko Haram. Cette situation a entraîné un ralentissement général de l’activité économique de la zone, un problème de développement et de déperdition de la jeunesse. C’est dans ce contexte que le Prolac est créé en 2021 pour répondre aux besoins des populations directement affectées par Boko Haram. Ses actions sur le terrain comprennent également la formation des bénéficiaires, la construction des forages, des routes et des salles de classe, l’établissement d’actes de naissances en faveur des enfants non-inscrits dans les registres d’actes civils du pays, etc.


Ils sont quelques 6000, les bénéficiaires du Projet de relance et de développement de la région du Lac Tchad enregistrés au Cameroun à ce jour. Ces habitants du Logone et Chari dans l’Extrême-Nord se recensent parmi toutes les composantes sociales de ce département. Agriculteurs, éleveurs, jeunes désœuvrés, bénéficiaires indirects; et jouissent de l’accompagnement technique du Prolac en matière de formation, de l’initiative dont il a la charge sur les vies des populations cibles.

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