Avec ou sans détonation, les conflits entre groupes d’habitants résistent au temps.

Venus de Bakassi, des chefs traditionnels ont été reçus en audience à Yaoundé par le Premier ministre le 27 février dernier. Selon nos confrères de la Crtv, les dignitaires traditionnels, hôtes de Chief Dr Joseph Dion Ngute, sont venus dire à ce dernier l’urgence de la prise en compte de la sécurité de la péninsule. Tout en reconnaissant les ef- forts déployés par les troupes du Bataillon d’intervention rapide (BIR), ils ont présenté au Premier ministre un corpus de doléances. Celui-ci va du renforcement de la présence des forces de dé- fense et de sécurité, à la construction d’une base na- vale et d’infrastructures mo- dernes de communication, en passant par la création d’une nouvelle chefferie pour limiter les conflits entre les communautés. Selon la délégation des chefs traditionnels, cette doléance revêt une importance particulière au vu de la diversité sociologique et de la place stratégique de la péninsule. Régulièrement ou par intermittence, des accrochages entre habitants d’origine nigériane pour la plupart, et des Camerounais perturbent le quotidien, selon des rapports présentés au Premier ministre. Cela démontre combien, en dehors de la piraterie maritime, les kidnappings avec demande de rançons, Bakassi est confrontée à d’autres situations précaires nécessi- tant une attention soutenue. On se rappelle que le 1er oc- tobre 2024, Roland Ewane, le sous-préfet de l’arrondissement d’Idabato dans la pé- ninsule de Bakassi, a été kid- nappé avec un employé de ladite commune par des hommes non identifiés.Dis- putée pendant plusieurs dé- cennies par le Cameroun et le Nigeria, la péninsule de Bakassi a été rétrocédée au Cameroun en 2008, après une décision de la Cour in- ternationale de justice en 2002 en faveur du Cameroun. Malgré la normalisation des relations entre les deux pays, la zone reste sous l’emprise de bandes armées.
Ongoung Zong Bella