Accord de transit Tchad-Guinée Equatoriale: solutions entre guillemets

L’accord de transport maritime et terrestre entre le Tchad et la Guinée Equatoriale est acté depuis le 13 décembre 2024. Et pour en donner un cadre matériel, les ports de Bata et d’Ebibeyin sont désignés pour accueillir les produits d’exportation et d’importation tchadiens sur une période de cinq ans.

Ce qui devrait affecter les échanges entre le Cameroun et son voisin. Notamment par une réduction des échanges entre ces deux parties. Ce qui pourrit générer une réduction substantielle des revenus douaniers au port de Kribi où 25% des recettes douanières sont tirées du commerce tchadien. Il faut également compter des répercussions sur l’activité des transports le long du corridor Douala-Ndjamena. Ainsi que la rentabilité des infrastructures telles le Port autonome de Kribi dont les travaux de construction ont couté plus de 1000 milliards FCFA.


A l’évidence, l’accord de transit augure une perte de la position stratégique du Cameroun comme plaque tournante économique de la sous-région. Pour le Tchad cependant, le pari n’est pas gagné d’avance. Le pays ne partageant aucune frontière terrestre avec la Guinée Equatoriale, le détour pour Bata ou Ebibeyin vaut son pesant d’or; la distance entre Bata et Ndjamena est longue de plus de 2000 km contre environ 1800 km de distance avec le Port de Douala. Des obstacles supplémentaires se dressent du fait de l’absence d’un corridor bien établi entre la Guinée Equatoriale et le Tchad. De plus, une tentative pour éviter le transit par le Cameroun conduirait à l’itinéraire Guinée Equatoriale-Gabon-Congo-RCA-Tchad.


Louise Nsana

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