Le pays vit toujours dans un climat de peur et de terreur

La hiérarchie catholique de Côte d’Ivoire, réunie en Assemblée plénière à Agboville (13-17 juin 2019), parlait de « l’installation dans notre pays d’un climat de peur et de terreur”.

Elle souhaitait alors que “les prochaines élections [octobre 2020] soient transparentes, crédibles et pacifiques pour que tous acceptent les résultats comme expression de la volonté de la majorité des Ivoiriens”. Elle appelait aussi “le pouvoir exécutif à garantir aux personnes et aux institutions, notamment la Commission électorale indépendante (CEI), une totale indépendance [car], “si l’arbitre est à la fois joueur et arbitre, la fin de la compétition est déjà connue”.
Le climat de peur et de terreur a-t-il disparu? Non. La CEI a-t-elle été reformée? Non. Les listes électorales et le découpage e?lectoral ont-ils été révisés? Non. Aucune ligne n’a donc bougé entre 2019 et 2024.

Mais ce n’est pas ça le plus inquiétant. Ce qui inquiète le plus, c’est que celui qui disait en 2000 être victime d’exclusion parce que, d’après lui, il est du Nord et musulman a inventé des condamnations farfelues pour exclure les candidats susceptibles de le battre. Les condamnés sont accusés d’avoir braqué la BCEAO dont l’argent avait pourtant servi à payer tous les fonctionnaires en 2010.

Il est évident que toutes ces choses exposent le pays à la guerre.
Enseignants, écrivains, pasteurs, prêtres et imams peuvent empêcher cette guerre. De quelle manière? En jouant leur rôle de bergers. Le berger est chargé de paître un troupeau. Il a le devoir de défendre ce troupeau contre les loups et les ravisseurs.

Pour moi, Mgr Jules Saliège, ancien archevêque de Toulouse, fait partie de ces bergers courageux et soucieux du bien-être du troupeau. En 1942, en effet, lorsque les Juifs étaient persécutés, Mgr Saliège prit leur défense. Mieux encore, il faisait partie, avec le dominicain Bruckberger et les jésuites Gaston Fessard et Pierre Chaillet, des ecclésiastiques français qui refusèrent la collaboration avec Hitler. Après la Libération, Mgr Saliège fut créé cardinal et reçut son chapeau de cardinal à Toulouse des mains du nonce apostolique en France, Mgr Angelo Roncalli, futur pape Jean XXIII. Roncalli avait succédé à Mgr Valerio Valeri dont le général de Gaulle avait demandé le départ à cause de sa proximité avec le général collaborationniste, Philippe Pétain. Le chef de la France libre obtint aussi l’exclusion de 7 évêques qui s’étaient compromis avec les Nazis si l’on en croit Jacques Duquesne dans “Les catholiques français sous l’occupation” (Paris, Fayard, 1986).

Jean-Claude DJEREKE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut